Portrait

De sage-femme à Maître Enseignante Reiki : le parcours d’une passeuse d’âmes

annick-gerardin

De la salle de naissance aux pistes du Niger, de l’humanitaire au monde de l’entreprise, puis à la pratique du Reiki : son parcours est guidé par une même volonté, celle d’écouter, d’accompagner et de comprendre l’humain. Dans cette interview, Annick, ancienne sage-femme devenue Maître Enseignante Reiki, raconte les étapes qui ont façonné sa pratique, sa vision du soin et son accompagnement des grands passages de la vie.

1. Vous étiez sage-femme avant de devenir Maître Enseignante Reiki. Comment s'est opéré ce chemin d'une pratique à l'autre ?

C’est une longue histoire. Le Reiki, c’est ma 4ème vie. J’étais sage-femme dans les hôpitaux de l’Assistance publique pendant plus de 13 ans. Un travail très diversifié avec la prise de poste pour toutes les périodes de la grossesse : du suivi à l’accouchement et du post-partum. Un univers multiculturel. Cela m’a fait travailler sur l’écoute de l’autre, la psychologie, l’humain.

J’ai parallèlement beaucoup voyagé pendant mes congés en Asie, Afrique. J’avais envie de faire de l’humanitaire depuis toute jeune, et je cherchais en quelque sorte le pays où je pourrais partir en mission. Je suis ainsi partie vivre au Nord Niger pendant plus de 7 ans en terre Touareg, avec une ONG internationale, tout d’abord en tant que sage-femme pour faire de la formation de matrones (sage-femme traditionnelle) afin de réduire la mortalité materno-infantile, puis en tant que chef de projet où j’officiais seule avec mon équipe de 6 touareg. 5 ans et demi à parcourir la zone sub-saharienne en brousse dans les campements à dormir à la belle étoile !

Puis j’ai dû fermer le projet par manque de financements et j’ai proposé mes compétences pour un poste dans le développement durable auprès d’une multinationale du secteur minier. En tant que personne « ressource » de la zone, je conseillais sur les projets de développement local en santé, mais aussi en éducation, hydraulique, etc. J’ai pu donc rester 2 ans de plus au même endroit.

Je suis ensuite rentrée en France, à Paris pour rebondir dans un poste de management santé au sein de la même entreprise. Je voyageais très régulièrement en Afrique, Asie centrale pour travailler avec les équipes locales afin de mettre en place les actions santé pour les salariés. Parallèlement, j’ai découvert le Reiki quelques années après être rentrée en France, et me suis rapidement formée aux 4 niveaux pour devenir Maître enseignante. J’ai pris un temps partiel pour pouvoir équilibrer ma vie professionnelle et personnelle. J’ai fait la bascule après le Covid en quittant le monde de l’entreprise pour déployer au mieux ma pratique Reiki.

Le fil d’Ariane dans tout ce parcours, cela a été d’être à l’écoute des autres, mais aussi de moi-même. Je suis d’un naturel curieux, et dès que j’ai fait le tour de la question, j’ai besoin d’évoluer, de changer d’univers. Changer de statut : fonctionnaire, volontaire, salariée puis autoentrepreneuse ; changer de lieu géographique : les voyages au bout du monde, l’expatriation, et à l’extrême rechercher le dénuement et la sobriété en quelque sorte, puis le voyage intérieur à travers l'énergétique.

Être à l’écoute de l’autre, c’est d’abord observer, puis écouter, apprendre le « sans jugement », être bienveillante. Je dis toujours que je cherche à comprendre l’âme humaine. Et en étant face à l’autre, bien sûr on est face à soi et on apprend sur soi. J’ai commencé par la relation à 2 en face des femmes enceintes et je l’ai retrouvée avec le Reiki. Les personnes me qualifient aussi de passeuse d’âmes de la naissance à la mort, la boucle est bouclée.

2. Qu'est-ce que le Gendaï Reiki Fudo Myo, et en quoi se distingue-t-il d'autres approches du Reiki ?

Il y a plusieurs lignées en Reiki. Ce titre donne des détails sur cette lignée dont je suis issue. Pour résumé et pour une compréhension facile, je suis issue de la lignée Usui (du maître japonais Mikao Usui du Reiki traditionnel), puis du Gendai Reiki qui veut dire « contemporain » et reprend le Reiki des origines.

Celui-ci a été initié par Hiroshi Doï. Il l’a enrichi avec ses expériences, une méthodologie concernant la transmission et inclus l'aspect spirituel du Reiki. Le Fudo Myo est une branche qu’a créée mon Maître Reiki. Elle a enrichi le Gendai Reiki avec des pratiques complémentaires.

3. Qu'est-ce que cela signifie concrètement d'être Maître Enseignante en Reiki ?

À partir du 3ème niveau de formation, on est praticienne et on peut s’installer en cabinet pour donner des séances de Reiki. Le 4ème niveau est celui de Maître Enseignante. Celui ou celle-ci va pouvoir transmettre ses capacités énergétiques à ses élèves, c’est-à-dire à toute personne désireuse de se former afin de pouvoir recevoir du Reiki (auto-traitement) ou donner en séance du Reiki à d’autres personnes à son tour.

Les capacités énergétiques d’un Maître Enseignant sont plus puissantes que celles d’un praticien du 3ème niveau. Le Reiki est aussi un chemin de spiritualité. L'enseignant doit aussi représenter sa lignée, et rester intègre dans sa pratique.

4. Comment décririez-vous une séance de Reiki à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler ?

C’est d’abord se dédier un moment pour soi, pour se ressourcer. Prendre rendez-vous, c’est déjà un premier pas ! Il n'y a pas besoin d'avoir une symptomatologie quelconque ou un état particulier pour venir. La curiosité suffit !

Le Reiki est une pratique énergétique par apposition des mains. Plus on pratique, moins on touche la personne. La séance nécessite 2h avec un temps d’échange avant et après la séance en elle-même, qui dure de 50 minutes à 1h sur table. Il accompagne une personne sur son chemin de vie, tout en ne se substituant pas à la médecine allopathique

La personne est habillée, recouverte d’un plaid, passive, sur le dos, puis sur le ventre. Elle peut dormir. Je ne parle pas, je tourne autour de la personne avec ou sans contact physique, je vais envoyer de l’énergie via mes paumes de mains vers ses centres énergétiques ou chakras. Cette énergie va venir libérer les nœuds énergétiques et permettre une meilleure circulation énergétique, une détente, une mise à distance des émotions, un apaisement profond. La personne est baignée dans un bain d’énergie et peut ressentir une impression de flottement. C'est très agréable. La personne retrouve un équilibre intérieur.

Concernant les effets : le Reiki réduit le stress, apaise les tensions, booste l’immunité, favorise un sommeil de qualité, calme les inflammations et douleurs. Il accompagne les pathologies chroniques et aiguës. Il permet d’avoir du recul et un détachement émotionnel dans les moments délicats de vie, de crise ou de mal être, et de tout type de deuil, par exemple.

Il est recommandé de faire un cycle de 3 séances à 1 semaine à 10 jours d’intervalle.

5. À qui s'adressent vos séances et vos formations ? Y a-t-il des profils qui viennent plus naturellement vers vous ?

Étant donné mon parcours et ma formation médicale, inconsciemment les personnes qui viennent à moi présentent des symptômes : douleurs, inflammations, fractures, sciatique, migraines, eczéma, psoriasis, zona, ménopause, etc. Mais aussi beaucoup de troubles psychiques : insomnie, mal-être, dépression, burn-out, violences, inceste, sevrage, infertilité sans cause organique. Le reiki est un accompagnement et un confort pour les personnes atteintes de maladies lourdes ou chroniques (maladies auto-immunes, fibromyalgies, cancers, sclérose en plaques). Il va aussi "guider" les personnes qui choisissent d'évoluer sur un chemin psycho -spirituel.

J’accueille les personnes de tout âge, j’accompagne aussi les adolescents "perdus", les HPI, les autistes, les personnes endeuillées et les personnes en fin de vie.

Pour les formations, la personne doit déjà faire avec moi de 3 à 6 séances avant de pouvoir organiser le niveau 1.

6. Vous êtes formée en accompagnement au deuil avec la méthode Empreintes. Comment le Reiki et cet accompagnement se complètent-ils dans votre pratique ?

Empreintes est une association reconnue (et certifiée Qualiopi) dans la thématique du deuil et propose des formations pour les professionnels ou accompagnants bénévoles du deuil à l’écoute.

Le Reiki permet de mettre à distance les émotions des personnes endeuillées. Il est souvent nécessaire de faire plusieurs cycles de 3 séances. Je me sens plus légitime avec cette formation lorsque je pratique du Reiki auprès des personnes endeuillées. Mon écoute lors des échanges verbaux est aussi plus appropriée, et mon discours plus juste.

7. Votre expérience de sage-femme vous a accompagnée dans les passages les plus intenses de la vie. En quoi cela a-t-il nourri votre vision du soin et de l'accompagnement ?

Il est nécessaire de rester technicienne et professionnelle avec une attention et une concentration constante. L’humain est toutefois primordial. Ce métier m’a appris le juste investissement dans la relation. Il ne s’agit pas de mettre ses émotions à l’écart, mais de garder sa place.

Cette réflexion est valable aussi lors de mon travail en humanitaire, dans un pays qui n’était pas le mien, et idem sur les sites miniers à l’étranger. Accompagner, écouter, comprendre, mais ne pas se mettre à la place de l’autre.

8. Qu'est-ce que vous aimeriez que les gens comprennent mieux sur le Reiki, et sur ce qu'il peut — ou ne peut pas — apporter ?

Que les traumatismes sont « engrammés » dans l’organisme, dans les muscles et les fascias ; le travail énergétique va les libérer. Une fluidité des évènements se met en place, de nouvelles opportunités se présentent.

Que le Reiki est un outil puissant, transformateur, que l’on ne ressort pas indemne d’une séance si on fait le choix de l’accueillir et de se l’approprier. Qu’il permet une élévation spirituelle, un détachement, et quelque part un début de ce qui se nomme la sagesse. Il nous révèle notre vraie nature, et fait resurgir une joie « sans objet ».

9. Y a-t-il un moment, une rencontre ou un accompagnement qui vous a particulièrement marquée dans votre pratique ?

Oui, l’accompagnement des personnes en fin de vie, et les personnes ayant été abusées. Dans les 2 cas, j’ai vu la personne se transformer : l’acceptation, la paix en fin de vie ; le pardon et un départ pour une autre vie en cas d’abus.

10. Pour quelqu'un qui hésite à franchir le pas, quelle est votre invitation ?

Je lui propose d’aller voir les témoignages écrits sur mon site. Et de temps en temps, je dis cette phrase connue : « quand le disciple est prêt, le maître arrive ». Les personnes n’arrivent pas vers le Reiki par hasard.

11. Comment peut-on vous trouver, vous contacter et réserver une séance ?

En général, mon contact est donné par des personnes qui sont déjà venues me voir. Le bouche-à-oreille, c’est ce qui marche le mieux. J'exerce dans le centre de Paris.

On peut me contacter directement par mail, SMS ou WhatsApp pour prendre un rendez-vous. Sur mon site, il y a un système de contact par mail. Je ne fais pas plus de 2 séances par jour, donc l’horaire est un peu à la demande. Je fais aussi des séances les week-ends et jours fériés.

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